Ce premier trimestre 2021 voit la progression notable des marchés d’actions internationaux se poursuivre avec une surperformance des pays développés par rapport aux pays émergents (+9,32% pour l’indice mondial MSCI World, + 5,77% pour l’indice émergent, exprimés en euros).

Une fois n’est pas coutume, les actions de la zone euro, hors effet de change, ont surperformé les actions américaines et notamment des valeurs technologiques de l’indice Nasdaq. Mais si l’on tient compte du repli de l’euro face au dollar (de près de 4% sur le trimestre), les performances pour un investisseur en euro restent comparables, de l’ordre de + 10% pour l’Euro-Stoxx et le S&P 500.

Certains indices actions ont battu des records en fin de trimestre, le DAX pour les actions allemandes, l’AEX pour les actions hollandaises et le S&P 500 pour les actions américaines.

Le CAC 40 qui a atteint 6067 points en clôture le 31 mars, a approché son pic de 2007 (6168 points), mais est encore loin de son niveau de septembre 2000 (6922 points). Cette belle progression est à mettre au crédit de certains secteurs ou valeurs (luxe, valeurs industrielles profitant de la relance, valeurs pétrolières et financières profitant de la reprise ou de la hausse des taux d’intérêt), mais d’autres restent encore largement en repli par rapport à leur niveau d’avant crise (tourisme, transport aérien, immobilier de bureaux ou centres commerciaux). Il est à noter que LVMH est devenu ce trimestre la première capitalisation boursière européenne devant Nestlé.

A l’opposé du record établi par certains indices actions, les marchés de taux ont évolué négativement, -2,5% en zone euro, signant même leur pire trimestre en 40 ans aux Etats-Unis avec un repli de 4,6%.

La remontée rapide du taux des bons du trésor américain à 10 ans sur le niveau de 1,7%, soit +70 points de base depuis le début de l’année, révèle la crainte des investisseurs sur une résurgence de l’inflation et un éventuel durcissement de la politique monétaire de la Réserve Fédérale américaine, sans pour autant de réaction négative sur les marchés d’actions, tout au plus une préférence pour les valeurs « value » de la cote (financières, cycliques, industrielles) au détriment des valeurs de croissance (technologiques notamment). Ces dernières, après 10 ans de parcours en tête, n’ont pas encore véritablement été délaissées et gardent leurs attraits en dépit de valorisations qui les rendent plus vulnérables à toute mauvaise surprise.

Cette réaction divergente entre les marchés de taux et d’actions qui n’est pas anormale, prouve qu’il n’est pas encore temps d’évoquer les sujets qui fâchent, à savoir la normalisation des politiques économiques et monétaires et les hausses d’impôts pour financer la dette. Il est d’ailleurs à noter que le Président Biden a pour projet d’augmenter le taux d’imposition des sociétés aux Etats-Unis de 21 à 28%, mesure qui va dans le sens de l’harmonisation mondiale en discussion à l’OCDE.

Les marchés d’actions ont préféré voir dans cette tension sur les taux la traduction d’une amélioration de la situation économique, et continuent d’être portés par la reprise économique, le rebond de l’activité sur le trimestre se constatant également dans la reprise de la demande de pétrole (dont le prix a augmenté de plus de 25%), de la relance du fret et de la production d’acier ainsi que par les anticipations d’accélération de cette reprise économique, rendues possibles par :

  • les politiques toujours accommodantes des banques centrales,
  • les plans de relance budgétaire colossaux, 16 000 milliards de dollars au niveau mondial, essentiellement dans les pays développés, les Etats-Unis étant d’ailleurs à ce titre les plus ambitieux au travers de deux plans de relance de 900 et 1 900 milliards de dollars, soit 15% du PIB, sans parler du plan spécifique aux infrastructures de 2 250 milliard de dollars,
  • les campagnes de vaccination massives, préalable nécessaire à une réouverture totale des économies. Sur ce dernier sujet, les ambitions affichées par le Président Biden sont fortes avec un objectif de vaccination de toute la population pour le 4 juillet.

Ces anticipations d’accélération de la reprise économique sont d’ailleurs validées par le FMI qui vient de réviser à la hausse ses prévisions de croissance mondiale à 6% pour 2021 contre 5,5% précédemment et à 4,4 % pour 2022. Des divergences apparaissent entre les différentes zones ou pays en fonction de l’ampleur des moyens déployés, risquant de voir s’accroître l’extrême pauvreté d’une partie de la population mondiale. Ainsi, si pour les Etats-Unis, la nouvelle prévision de croissance est de 6,4% contre 5,1% grâce au soutien des plans de relance, pour le Japon elle n’est que de 3,3%. Ces deux pays devraient retrouver leur niveau d’activité pré-crise dès 2021, alors que pour la Zone Euro et le Royaume Uni, cela devrait intervenir en 2022. La croissance européenne est attendue à 4,4% en 2021 en hausse de 0,2 point, (5,8% pour la France, 3,6% pour l’Allemagne, 4,2% pour l’Italie). La Chine quant à elle, a déjà retrouvé en 2020 son niveau d’activité pré-crise et devrait croître de 8,4% en 2021.

Concernant les pays développés, les valorisations sont supérieures à leur moyenne historique en particulier aux Etats-Unis où le S& P500 se traite à 22,6 fois les bénéfices estimés pour 2021 (contre 18 fois pour l’Euro-Stoxx), mais légitimes compte tenu du niveau exceptionnellement bas des taux d’intérêts.

Les bénéfices des entreprises sont attendus en progression assez nette pour 2021 (+25% pour le S&P 500, + 37% pour l’Euro-Stoxx, en février dernier) et cette dynamique devrait se poursuivre avec des révisions régulières à la hausse cette année et en 2022, si l’activité accélère avec le recul de la pandémie, ce qui reste un facteur crucial pour une sortie de crise.

Le succès de la campagne de vaccination reste au cœur des préoccupations pour un retour à la normale. Dans l’hypothèse favorable où les ménages et les entreprises ont suffisamment confiance en l’avenir pour dépenser ou investir l’épargne accumulée, les conditions seront réunies pour une poursuite du mouvement haussier.  Mais dans l’hypothèse de la perte de contrôle de la situation sanitaire avec la prédominance de nouveaux variants résistants à la vaccination, ce scénario favorable pourrait être mis à mal ou retardé.

Nous abordons donc ce deuxième trimestre avec un optimisme raisonnable mais non sans une certaine prudence à court terme, compte tenu de la progression significative déjà enregistrée par les actions en ce début d’année. Nous restons très attentifs à l’évolution des données sanitaires mais aussi à l’évolution des taux d’intérêt aux Etats-Unis qui, en cas de surchauffe de l’activité, pourrait être le déclencheur d’une plus grande volatilité sur les actions. La sélectivité restera de mise pour identifier les entreprises dont le modèle économique et le comportement vertueux permettent de créer de la valeur dans la durée.

 

Rédigée le 07/04/2021 par l’équipe de gestion.

 

Source : Bloomberg

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La présente analyse n’est valable qu’au moment de la rédaction de la présente note.

 

Tableau de suivi des performances des fonds Wargny-BBR et des indices Mondiaux au 26/03/2021 : tableau

 

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