Après avoir pour la plupart d’entre eux atteint des plus bas annuels fin septembre début octobre, les indices des marchés d’actions mondiaux ont connu sur le dernier trimestre un rallye automnal leur permettant de clôturer l’année sur des replis modérés au regard des évènements marquants de 2022.

En effet, malgré l’enlisement de la guerre en Ukraine, une inflation au plus haut depuis 40 ans, un choc énergétique majeur ainsi qu’un resserrement monétaire accéléré mené par les principales banques centrales, au premier rang desquelles la Réserve Fédérale américaine et la Banque Centrale Européenne, les investisseurs n’ont voulu tenir compte ces trois derniers mois que des bonnes nouvelles : le ralentissement de l’inflation aux Etats-Unis, laissant présager une hausse des taux en décembre moins forte qu’anticipé de 50 bps en lieu et place des 75bps craints à la fin de l’été,  des résultats de sociétés sur 9 mois de bonne facture, montrant la capacité des entreprises à passer des hausses de prix leur permettant de protéger partiellement leurs marges dans un environnement de coûts en forte hausse (coûts énergétiques, de matières premières, de transport et coûts salariaux principalement).

Par ailleurs, l’hiver clément jusqu’à maintenant a éloigné en Europe les craintes de pénuries d’électricité et a permis une détente des prix, y compris du gaz en Europe qui en cette fin d’année retrouve ses niveaux d’avant déclenchement de la guerre en Ukraine.

Dans ce contexte plus positif, les marchés d’actions ont ainsi progressé dans l’ensemble de l’ordre de 10% sur le trimestre, pour les principaux indices européens :  +14,56% pour l’indice Euro Stoxx 50 dividendes nets réinvestis, +12,51% pour l’indice CAC 40 DNR ou encore +14,82% pour l’indice allemand DAX.

Une fois n’est pas coutume, les indices américains en dollar ont enregistré des rebonds moins marqués, +7,56% pour l’indice S&P 500 DNR, l’indice Nasdaq pour sa part clôturant sur ses plus bas annuels, en recul de plus de 30%, la hausse des taux très rapide décidée par la Réserve Fédérale cette année pénalisant fortement les grandes valeurs de croissance américaines.

Autre élément notable du trimestre, la reprise de l’Euro contre dollar, +9,21%, conséquence directe d’anticipations de moindres hausses des taux Outre Atlantique.

L’année 2022 s’achève ainsi sur des replis plus ou moins marqués des indices boursiers mondiaux, les mauvais élèves étant les marchés obligataires ainsi que les marchés d’actions américains et émergents, et reflète les inquiétudes des investisseurs plus liées aux évolutions des politiques monétaires des différentes zones géographiques qu’à l’irruption d’une nouvelle guerre en Europe. A titre d’exemple l’indice Euro Stoxx 50 DNR clôture l’année sur un repli de 9,49% alors que le S&P 500 en dollars recule nettement, -18,11%. Les marchés obligataires pour leur part clôturent l’année sur un recul marqué de plus de 14%, l’une de leurs pires performances depuis des décennies.

Dans cet environnement particulièrement compliqué et incertain, que peut-on attendre pour 2023 ?

A ce jour, deux scenarii macro-économiques s’affrontent :

  • Un scénario optimiste, qui prend en compte le ralentissement de l’inflation constaté aux Etats-Unis en fin d’année et anticipe le même phénomène en Europe dans les prochains mois. Dans ces conditions, les banques centrales américaine et européenne vont ralentir le rythme de hausse des taux d’intérêt, pesant moins sur la croissance économique, cette dernière soutenue par ailleurs par des marchés du travail solides et un niveau de consommation correct, dans un contexte d’amélioration des chaînes d’approvisionnement, permettant un atterrissage en douceur des économies américaine et européenne.
  • Un scénario plus pessimiste, anticipant un reflux très mesuré et lent de l’inflation, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, incitant par conséquent les banques centrales à poursuivre leurs politiques de resserrement monétaire à un niveau élevé, faisant basculer les économies américaine et européenne en récession. La récente décision de la Chine d’abandonner sa politique Zéro Covid et de donner la priorité à son économie renforce ce scénario, une croissance économique plus forte en Chine ayant un effet immédiat sur le prix des matières premières et par conséquent sur le niveau d’inflation.

Ainsi de la réponse à ces trois interrogations, l’évolution de l’inflation, la politique monétaire des banques centrales, le niveau de croissance économique par zone géographique, dépendra en grande partie l’évolution des marchés boursiers en 2023.

Nous serons également attentifs aux risques géopolitiques (Chine/Taiwan), ainsi qu’à l’évolution de la guerre en Ukraine alors que la Russie a perdu une partie des territoires conquis et doit faire face à un ralentissement de son économie, sous le coup des sanctions occidentales qui pèsent de plus en plus.

Dans cet environnement offrant à ce jour peu de visibilité, nous avons maintenu un certain niveau de liquidités dans les portefeuilles, nous permettant d’investir en cas de repli des marchés. Nos choix d’investissement se portent toujours sur les entreprises offrant un bilan sain, un avantage concurrentiel leur permettant de répercuter les hausses de leurs coûts et se positionnant sur des secteurs d’avenir.

 

Rédigé par l’équipe de gestion le 2 janvier 2023

 

Source : Bloomberg. Les commentaires et analyses contenus dans ce document sont fournis à titre purement informatif et ne constituent ni une recommandation d’investissement ni un conseil. Wargny-BBR ne saurait être tenu responsable d’aucune décision prise sur le fondement des éléments contenus dans ce document ou inspirée par eux. Dans la mesure où des données externes sont utilisées pour l’établissement des termes du présent document, ces données émanent de sources réputées fiables mais dont l’exactitude ou l’exhaustivité ne sont pas garanties. Wargny-BBR n’a pas procédé à une vérification indépendante des informations contenues dans ce document et ne saurait donc être responsable de toute erreur ou omission, ni de l’interprétation des informations contenues dans ce document. La présente analyse n’est valable qu’au moment de la rédaction de la présente note.

 

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