Ce deuxième trimestre 2022 a été marqué au niveau macro-économique par les doutes croissants des investisseurs sur la pérennité du cycle de croissance économique mondiale.

Conséquence immédiate de la guerre en Ukraine, les prix des matières premières, au premier rang desquels les prix de l’énergie et des matières premières agricoles, s’envolent.  L’Europe, très dépendante des hydrocarbures russes, et particulièrement du gaz, doit de plus faire face à une diminution constante des livraisons de la part de la Russie.  Elle est par conséquent contrainte de diversifier rapidement ses sources d’approvisionnements, à un coût très élevé, afin de reconstituer ses réserves de gaz pour l’hiver prochain.  Par effet de contagion, le prix de l’électricité s’apprécie fortement. Après avoir dans un premier temps absorbé ces hausses de coûts, les entreprises, bénéficiant d’une demande toujours soutenue, augmentent leurs prix de vente. Dans le même temps, la politique dite de zéro covid menée par la Chine a conduit ces derniers mois à reconfiner une partie du pays, et met à nouveau à mal des chaînes d’approvisionnement mondiales non encore rétablies à la suite de la pandémie du covid.

Ces évènements ont renforcé le choc d’offre auquel l’économie mondiale fait face depuis plusieurs mois, provoquant une envolée de l’inflation bien supérieure à celle anticipée il y a encore peu de temps. Celle-ci atteint en effet des niveaux inédits depuis de nombreuses années : +7,1% attendu par exemple en Allemagne sur l’année 2022 contre un taux de 3,6% estimé fin 2021 ; aux Etats-Unis, l’inflation est ressortie à +8,6% sur un an en mai, un record depuis décembre 1981.

Face à cette évolution très rapide de la situation macro-économique, les banques centrales des pays occidentaux, au premier rang desquelles la Réserve Fédérale américaine et la Banque Centrale Européenne, ont rapidement modifié leurs politiques monétaires afin de lutter contre l’envolée des prix : la Fed, après avoir relevé ses taux directeurs de 0,25% en mars, a procédé à une nouvelle hausse de 0,50% en mai puis de 0,75% en juin, une première de cette ampleur depuis 1994. La BCE a pour sa part d’ores et déjà annoncé la fin dès septembre prochain des taux de dépôts à intérêt négatifs.

Dans ce contexte économique dégradé, les marchés financiers ont baissé sur le trimestre, craignant que les resserrements monétaires vigoureux des banques centrales afin de lutter contre l’inflation ne provoquent une forte décélération de la croissance mondiale, voire une récession dans certaines zones géographiques, alors qu’un niveau élevé d’inflation perdurerait, résultat d’une insuffisance d’offre. Ces craintes se sont d’ailleurs déjà en partie matérialisées : à titre d’illustration, la BCE vient d’abaisser ses prévisions de croissance économique pour 2022 et 2023 à respectivement 2,8% et 2,1% contre 3,7% et 2,8% en mars 2022.

Les indices des principaux marchés d’actions clôturent le trimestre en baisse de l’ordre de 10% (-9,44% pour l’indice CAC dividendes nets réinvestis, -9,88% pour l’indice Eurostoxx 50 DNR ou encore -10,33% pour l’indice S&P 500 DNR, en euro). Sur le semestre, les principaux reculs s’échelonnent de -12,72% pour le S&P 500 DNR à -20,14% pour l’indice DAX allemand. A noter la poursuite de l’appréciation du dollar sur le trimestre qui a permis à un investisseur européen de limiter l’impact de la baisse des actions américaines.

Dans ces conditions, que pouvons-nous anticiper pour ces prochains mois ?

La priorité des banques centrales occidentales est à ce jour la lutte contre l’inflation, elles paraissent donc déterminées à poursuivre leur politique de hausse des taux d’intérêt. Dans ces conditions, il ne peut être exclu que la croissance économique mondiale continue de ralentir.

La visibilité est très faible sur l’évolution de la situation en Ukraine, d’autres points de tensions géopolitiques apparaissent ou se renforcent (politique de la Russie vis-à-vis de ses voisins, Corée du Nord, Taiwan notamment).

Dans ce contexte, les entreprises n’ont d’autres choix que s’adapter. Les défis sont nombreux : hausse du coût des matières premières, difficultés de recrutement, pressions salariales, alors que le niveau de la demande est plus incertain et que les pressions réglementaires, notamment en matière environnementale, s’accroissent : le Parlement Européen a par exemple voté récemment la fin du moteur thermique pour 2035.

Nous restons par conséquent prudents sur les marchés d’actions pour les mois à venir. Nous souhaitons cependant profiter de toute baisse excessive pour nous positionner sur des valeurs peu sensibles à l’inflation, à même d’augmenter les prix afin de maintenir leurs niveaux de marges ; nous considérons que le choix des valeurs sera clé dans un environnement de marchés très volatils dans lesquels les rotations sectorielles seront fréquentes.

Rédigé le 1 juillet 2022 par l’équipe de gestion.

 Source : Bloomberg

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