Après une année 2021 de très bonne facture, ce premier trimestre 2022 marque le retour de la volatilité et de l’aversion au risque sur les marchés d’actions internationaux, mais également sur les marchés obligataires qui enregistrent l’un des pires débuts d’année depuis longtemps (-5% pour l’indice euro MTS et -6,4% pour son pendant américain).

La remontée significative des taux à 10 ans, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe explique ce repli. Le T-note américain à 10 ans est en effet passé de 1,5% à 2,45% et le Bund allemand à 10 ans de -0,17% à 0,57% sur le trimestre entraînant une baisse de la valorisation des capitaux investis sur ces classes d’actifs.

Dans le même temps, les marchés d’actions ont reculé. Le mouvement a débuté en janvier, plus particulièrement sur les valeurs de croissance, notamment américaines, du fait des anticipations de hausse des taux directeurs, puis plus globalement fin février avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie, pour se reprendre légèrement dans la dernière quinzaine de mars. Ainsi, dividendes nets réinvestis, l’Eurostoxx 50 s’est replié de près de 10%, les marchés émergents d’environ 6%, alors que les marchés japonais et américains, plus éloignés de la zone des combats, ont limité leur recul respectivement à -3 et -1,5% pour un investisseur en euro.

Alors qu’en ce début d’année les investisseurs attendaient une croissance économique soutenue (4% au niveau mondial) portée par le recul de la pandémie de Covid 19 et la réouverture des économies dans un contexte de durcissement monétaire progressif et maitrisé de la part de la Réserve Fédérale Américaine pour lutter contre l’inflation, la guerre en Ukraine a changé la donne bien que le poids des pays directement concernés (Russie, Biélorussie et Ukraine) dans le PIB mondial soit faible (moins de 3%).

Les matières premières ont fortement augmenté, au premier rang desquelles le pétrole avec une hausse de près de 40%, reflétant les tensions liées au conflit. Il est également à craindre une forte inflation sur les denrées alimentaires, l’Ukraine et la Russie produisant une partie significative de matières premières agricoles. Ce renchérissement du prix de l’énergie et des matières premières agricoles a porté l’inflation en février à près de 8% sur un an glissant aux Etats-Unis, près de 6% en Zone Euro, ceci va peser sur la consommation des ménages et sur l’investissement des entreprises, qui sont déjà confrontées à l’inflation sur leurs approvisionnements et les salaires.

Les pénuries de composants continuent de peser sur les chaînes d’approvisionnement et sur l’offre et ce d’autant que certains gaz tels que le néon nécessaires à la fabrication des semi-conducteurs proviennent pour une part non négligeable d’Ukraine.

De plus, la résurgence de cas de Covid en Chine, qui continue d’appliquer une politique très stricte, a conduit à de nouveaux confinements et fermetures d’usines, pesant sur l’activité. Compte tenu de ces éléments, la croissance mondiale a été fortement revue à la baisse en cette fin de trimestre autour de 3%.

Même si les investisseurs semblent considérer que les sanctions économiques adoptées par les gouvernements contre la Russie seront dissuasives et efficaces et permettront d’envisager une fin du conflit, cette guerre, avec son lot d’atrocités, rappelle à tous la fragilité de la paix qui semblait pourtant acquise dans nos pays occidentaux.

Certaines voix s’élèvent d’ailleurs pour souligner que ces sanctions sont encore insuffisantes puisque l’embargo européen en matière énergétique se limite au charbon et ne touche ni le gaz ni le pétrole russes dont certains pays, notamment l’Allemagne, sont très dépendants en Europe.  Un durcissement des sanctions pourrait conduire à une nouvelle révision à la baisse de la croissance mondiale. Dans une époque où le monde économique et financier s’attache à adopter des comportements vertueux et responsables en matière environnementale, sociétale et de gouvernance, ce conflit est aussi révélateur de la conduite adoptée par les entreprises et les investisseurs pour participer ou non aux sanctions internationales.

Plus proche de nous, la montée des partis extrémistes dans les sondages en vue de l’élection présidentielle en France en avril génère également de l’incertitude et de l’inquiétude.

Cet environnement incertain, moins de croissance, plus d’inflation, un conflit armé, des sanctions économiques et des tensions géopolitiques mondiales, nous conduit à adopter une position plus prudente pour les mois à venir sur les marchés d’actions tout en continuant à privilégier les entreprises leader dans leur secteur, possédant un savoir-faire ou une avance technologique leur permettant d’augmenter leurs prix, de préserver leurs marges et vertueuses dans leur comportement.

Rédigé le 8 avril 2022 par l’équipe de gestion.

 Source : Bloomberg

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Tableau de suivi des performances des fonds Wargny-BBR et des indices Mondiaux au 25/03/2022 : tableau

 

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